Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘traditions’


Les peuples africains sont traditionnellement démocratiques dont le système politique peut être qualifié de monarchie-démocratique. Ici le Chef dans la majorité des cas était et est choisi au sein de la famille régnante par les notables représentants des clans et grandes familles constitutives du village. Dans certains cas, les grands notables pouvaient poser leur candidature.

Et le pouvoir du Chef ne souffrait d’aucune contestation, si oui quand il portait préjudice à l’intégrité de son village ou si sa population manifestait un mécontentement sur la manière dont les affaires du villages étaient conduites, entrainant une recrudescence de la pauvreté. Sinon, son mandat était à vie.

On disait que le Chef n’avait pas de parenté pour signifier sa justice et sa droiture. Autant que tous ceux qui étaient à ses côtés devaient aussi incarner ces qualités. Il était garant des pouvoirs politiques, religieux et judiciaires qui étaient considérés comme découlant de Dieu et des mânes des ancêtres.

Ces pouvoirs étaient en réalité exercés par certains détenteurs du pouvoir traditionnel qui se devaient d’incarner les qualités humaines de justice, courage, sagesse et amour vis-à-vis de tous, concitoyen comme étranger et l’étranger quelque soit son origine et l’objet de sa présence au village jouissant d’un statut particulier, l’adage disant qu' »on était tous des voyageurs« .

Ceci solidifiait le socle social et promouvait l’harmonie et la paix, mais cela a été dévoyé au contact d’étrangers qui ont voulu annihiler ces systèmes politiques qui ne leur convenaient pas et dont les réminiscences se manifestent de nos jours et expliquent certains échecs des démocraties à l’européenne importées.

Le modèle de démocratie traditionnelle africaine, qui est sensiblement le même dans la majorité de villages camerounais peut inspirer les politologues et autres analystes politiques dans la camerounisation, que dis-je l’africanisation des systèmes politiques importés.

 

Publicités

Read Full Post »

La symbolique du nom


Le nom : rôle spirituel et social

Wakî[1] attribuaient (attribuent) un nom à un enfant en se référant aux astres, aux oracles, à l’environnement, parfois selon les attentes qu’ils mettaient (mettent) en l’enfant, ou en se référant à des évènements ou situations vécues (Babimbi). Le nom n’était (n’est) pas donné par mimétisme, suivisme ou imitation. Et le nom était (est) considéré comme une force, une énergie, une formule spirituelle qui oriente les actions de la personne sur laquelle elle s’applique, une clef permettant d’activer l’entité spirituelle qui s’était (s’est) installé dans le corps de l’enfant et permet d’établir un lien entre lui, les vivants, l’environnement, les animaux, les plantes et les morts. Bref le nom était (est) le lien entre celui qui le portait (porte) et l’univers. Les exemples foisonnent.

Au Lycée d’Éséka, j’avais un ami qui s’appelait (s’appelle encore parce qu’il vit) Djob A nti LOGMO MOUELAS ce qui littéralement veut dire Dieu a donné à pardonner les travailleurs. Ici le père LOGMO avait des difficultés pour faire un enfant avec son épouse, et comme son premier était un gaçon, il a voulu nommer son père c’est de la la naissance de ce nom, Logmo étant un clan Babimbi de la Sanaga Maritime.

Quand je commençais à m’intéresser au nom, j’ai rencontré un homme qui s’appelait EGONO, un gunu de Bokito à la question de savoir ce que signifiait son nom, il me dit « les maladies ». Je lui demandais s’il était maladif à sa naissance, il me dit non que c’était son grand-père qui l’était plutôt avant sa naissance et que juste après, ses maladies s’étaient envolées comme par enchantement, c’est la raison pour laquelle ce dernier avait demandé qu’on lui attribue EGONO comme appellation, pour signifier que ce dernier l’avait soulagé de ses maladies.

Lors d’une conversation avec un ami au cours de laquelle nous avons abordé les noms, il ma confié que sa première fille s’appelle « BELL A RI TSEM » en ripwak cela veut dire Dieu « DIEU EST VIVANT » quand je lui ai demandé pourquoi ce nom, il m’a dit que sa fille était né sans faire de signe pendant près de quinze minutes et que c’était après des prières qu’elle s’était mise à manifester des signes de vie, d’où est venu ce nom.

Mais comme tous les noms que l’on donnait (donne) aux enfants n’avaient pas (n’ont) toujours des incidences bénéfiques et ne sont pas toujours situationnels cela peut se manifester des évènements malheureux comme le décès de tous ceux à qui il était (est) attribué, parfois des maladies récurrentes ou un comportement asocial. On pouvait (peut) en cas d’attribution du nom de quelqu’un décédé à un enfant ou des enfants à la suite de laquelle il y avait (a) des effets néfastes, effectuer un rituel au cours duquel il était (est) demandé au défunt d’accepter que son nom soit attribué à d’autres. Lorsque la situation ne s’améliorait (s’améliore) pas, le nom était (est) complètement banni de la famille. Quand l’incidence du nom se manifestait (manifeste) par des maladies récurrentes ou un comportement anormal de l’enfant l’on était (est) pareillement amené à le « ventiler » toujours dans le cadre d’un rituel d’effacement de nom que waki appelle « wupupa wa abérénô ». À la fin on attribuait (attribue) à la personne un nouveau.

Risque du nom d’emprunt

L’adoption des noms et divers prénoms suivant la mode, basée sur les téléfilms, l’actualité, sans véritablement chercher le sens caché de ceux-ci ou sans discerner l’intention qui a prévalu à leur création fait que nous donnons aux âmes de nos enfants une orientation de vie que nous ne cernons pas toujours. Alors, il ne faudrait pas être surpris qu’à l’avenir ces enfants deviennent des personnes que nous ne maitrisons pas. C’est pourquoi, le nom d’un enfant devrait se penser, se méditer, si nécessaire consulté (oracle et calendrier) pour le lui attribuer, à défaut d’invoquer dieu et les mânes des ancêtres pour être inspiré. Ce qui devrait amener les uns et autres à revoir l’usage des prénoms et noms importés parce qu’on ne connait pas dans quel état d’esprit ils ont été créés l’autre possibilité serait de se les approprier en les transcrivant dans notre contexte sociolinguistique à défaut d’utiliser les noms et prénoms de notre patrimoine culturel.

Décryptage du nom

Au-delà de l’identification de l’individu, le nom permet ou permettait de tracer la généalogie de l’individu et d’éviter les rencontres amoureuses incestueuses au sein d’une même communauté linguistique fondamentalement, et entre les communautés subséquemment. Ainsi l’on était tenu de connaitre au moins quatre générations de ses différentes lignées (Chacun ayant quatre au total, deux paternelles et deux maternelles), étant établi traditionnellement que les liens de parenté pouvaient être dissouts dès la quatrième génération. Autrement dit une union de personnes issues de mêmes ancêtres, avait les risques de transmission de maladies héréditaires éteints ou réduits dès la cinquième génération, et ces unions étaient et sont autorisées quand il n’existe plus un lien étroit entre les familles ; tant que ces liens existent, la parenté garde toute sa force.

Si d’après mon nom l’on me demandait de me présenter il y aura deux cas du côté maternelle :

Du côté de ma grand-mère, je dirais : je suis MBATAKA de MBATAKA, MBATAKA de MBOUSSA, MBOUSSA de MASSINA, MASSINA de NDJOURI.

Du côté de mon grand-père, je dirais : je suis MBATAKA de MBATAKA, MBATAKA de AMBOURIA, AMBOURIA de DOTHE, DOTHE de MBOUDJÔ.

Le nom a toujours eu un sens propre et un sens caché ; le sens clair ressort quand on le prononce et ne nécessite plus d’interprétations, mais il a toujours un sens caché qui prévaut ou motive son adoption qu’il faut rechercher. C’est lui qui exerce une influence certaine sur la personne qui le porte. Chez wakî, on l’appelle « matamaná ma abérénô » autrement dit l’appréciation du nom ; pour certains, on a ce qui suit :

MBATAKA = Affôtô idjï (Rebus pourri)
NDJOUA = Ugunu (Le grand) ;
MBARRA (Mballa) = Munda (La biche) ;
AMBATTA = Ndjôwâ (Hippopotame) ;
ATONGUEYA = Nubura (Pluie) ;

Pour le décryptage d’un nom,  il faut cerner que parfois,  le nom peut avoir un sens clair qui ressort quand on le prononce et ne nécessite plus d’interprétations, mais il a toujours un sens caché qui prévaut ou motive son adoption qu’il faut rechercher. C’est lui qui exerce une influence certaine sur la personne qui le porte.

Exemples de noms

Voici quelques noms ukî et leurs significations selon nos recherches

  1. Tundé (Tounde): ce nom vient de deux mots, «  » et « wunda » et littéralement signifie « je ne suis pas invendu », « je ne suis pas sans valeurs ». Personnes pleines de ressources, qui s’adaptent à plusieurs situations.
  2. Assira: ce nom vient du verbe « ussira » qui veut dire jouir, prendre du plaisir. Ce sont des personnes passionnées, qui prennent du plaisir dans ce qu’elles font, de vrais professionnels, recherchant toujours une forme de perfection.
  3. Belinga, Olinga: ces noms viennent du verbe « urïnga » qui peut se transcrire en français par « être sévères ». Ce sont des personnes sévères,  fidèle à des principes, parfois difficiles à vivre.
  4. Effuna, Iffuna: vient de « uffuna » qui veut dire farfouiller, mettre à nu, ce sont des personnes extraverties, se caractérisent par leur honnêteté dans leurs rapports, dignes de confiance, adepte de la vérité.
  5. Nguina : de « wina » qui veut dire rejeter, personnes qui dédaignent tous les travers de la société, caractérisées par leur ardeur au travail, courageuse.
  6. Ekassi : de « ukachï » signifie le commencement, ce sont des personnes pionnières, qu’on retrouve régulièrement dans beaucoup d’initiatives.
  7. Ambata: vient de « A mú » (il est) et « bata » (accusé) (A mú bata qui veut dire il a accusé) ce sont des accusateurs, des personnes qui ne voient pas l’injustice sans la décrier.-yè
  8. Massina, Messina : vient de « massina » qui veut dire larmes, ceux sont des personnes des extrêmes, qui peuvent soit aimer ou faire souffrir, peuvent s’avérer dur de cœur ou alors sont des consolatrices hors pairs.
  9. Assanga: peut provenir de « ussanga » qui veut dire se quereller, ou de assangá qui signifie panier, cette appellation est polysémique, car elle signifie tour à tour Personne querelleuse, qui aime les disputes ;personne qui fuit ses responsabilités ou renie ses proches, personne qui laisse tout passer sans rancunes, tolérante, supporte.
  10. Aliana: vient de « udjï » « āná« , qui signifie être ainsi. Cette appellation aussi est polysémique; elle peut signifier: ainsi est-il, ou alors cela doit être ainsi, faisant des personnes qui porte ce nom des perfectionnistes,celui qui vain les difficultés, (Uriâ = grille, prépare avec des braises), celui qui jure beaucoup.
  11. Massa: appellation polysémique qui veut dire entre autres :polysémie, celui qui donne un sens et de l’importance à tout,carrefour, lieu de rencontre ou de séparation. Ce sont des personnes pour qui tout a de l’importance et qui savent réunir, regroupé, et sont capables de supporter et provoquer de grandes séparations.
  12. Oneya: qui vient de « wonéya » faire rire, rendre joyeux, créer la bonne ambiance, ce sont des personnes agréables à vivre.
  13. Ambassa : vient de « A mú » (il est) et « bassa » (a produit exagérément), caractérisé par leur grande capacité d’action, de réalisations et ayant une grande descendance.
  14. Anyêmê: personne positive avec laquelle il fait bon de vivre.
  15. Mobi : personne difficile à vivre, acariâtre, insolente mû par un égoïsme sans bornes.
  16. Kuta : Personne à qui il ne faut pas accorder beaucoup de confiance, changeante et égoïste.
  17. Abéna : personne qui déteste tout ce qui est mauvais et fait du mal, ce nom peut aussi produire des personnes fourbes et méchantes, bref ceux qui porte ce noms sont sujets aux extrêmes.
  18. Akumba: créatif, personne hautaine, prompt à la domination, égocentrique.
  19. Akuma: Richesse, ce nom était généralement donné à la suite d’événements heureux, pour magnifier son existence. Les porteurs de ce nom sont des personnes généreuses.
  20. Affangüissô: Espérance, il veut littéralement dire « donner les yeux », compter sur quelqu’un ; ce sont des personnes sur qui une responsabilité pèse déjà dès la naissance, elles ont pour mission d’apporter un changement au quotidien des leurs.
  21. Affambôr: secours, personne sur qui on peut espérer en cas de problèmes, disposée à porter secours.
  22. Etemeye: Qu’est ce que c’est, c’est un nom qui était généralement donné pour conjurer le mauvais sort, et les familles mettaient beaucoup d’espoir sur les enfants portants ce nom.
  23. Assanguena: Joyeux, joie, c’était généralement un nom qu’on donnait à un enfant après un événement heureux, ou alors pour exprimer qu’on l’avait beaucoup désiré
  24. Angandji: sable, personne polyvalente, ouverte dans plusieurs domaines, naïves, qui s’adaptent facilement.
  25. Abôh, Eboh: Siège, celui à qui plusieurs responsabilités incombent, personne parfois carrées dans leur points de vue, et très difficile à vivre.
  26. Adjï : Celui qui demeure, on le donnait généralement pour signifier que le porteur de ce nom devait rester dans la propriété familiale, ce sont des personnes travailleuses, têtues, orgueilleuses et endurantes au travail.

[1] Sing : Uki, Pluriel : Waki (ce qui est une déformation phonétique de Utsi = terrien, Watsi=terriens)

Read Full Post »

Jeunesse et traditions


 «Jeunesse et traditions : intégration sociale, professionnelle et économique», fait partie d’un thème global intitulé : Jeunesse, identité culturelle et traditions pour la promotion d’un parcours fulgurant.

«Jeunesse et traditions : intégration sociale, professionnelle et économique» peut sembler anodin, sans importance, voire ennuyeux à première vue, parce qu’il pousse spontanément à se demander ce que les traditions ont à voir avec l’intégration socioprofessionnelle et économique d’un jeune dans sa société, cette question peut encore être accompagnée par une conception négative, une attitude de défiance et méfiance qu’ont certaines gens vis-à-vis des traditions qui, pour elles ne permettent pas toujours de vivre et de mener une vie épanouie, et dont le respect peut être interprété comme une continuation de l’autorité parentale. Je dirais sans ambages que, manifester une telle attitude est de toute évidence affirmer qu’un arbre peut aller haut et survivre sans que ses racines ne soient bien enfouies dans le sol.

Que sont les racines pour les jeunes et les hommes que nous sommes ? De toute évidence nos traditions.

Ce thème de prime à bord peut être tellement évident, que la première chose qui  vient en tête c’est qu’« un arbre ne peux pousser haut, fort et survivre longtemps, si ses racines ne sont pas enfouies profondément dans le sol, et que pour l’homme ces racines sont ses traditions bien sûr ».

Comment donc  le démontrer est le plus difficile, trouver comment les traditions peuvent influencer l’intégration socioprofessionnelle et économique des jeunes.

Il ressort de prime à bord deux termes qui retiennent particulièrement l’attention : tradition et intégration qu’il faut cerner selon notre compréhensions.

Passant outre les diverses définitions données à ces mots, on a pris comme option de leur affubler celle ressortant de nos expériences et apprentissages.

C’est ainsi que je conçois la tradition comme un ensemble de faits et pratiques au sein d’un groupe d’individus, transmis entre générations avec plus ou moins de modifications, et  nécessaire à sa cohésion et son évolution; tandis que l’intégration paraît comme le degré d’assimilation des faits et pratiques d’un groupe d’individus par une personne lui permettant d’y mener une vie harmonieuse plus ou moins réussie.

Ainsi donc, notre thème soulève-t-il la question des préalables usuels, traditionnellement propices à une insertion socioprofessionnelle et économique harmonieuse et épanouie dans un monde changeant constamment ; autrement dit, que regorgent nos traditions qui puissent favoriser une existence réussie et paisible de nos jours, y a-t-il dans nos traditions des éléments dont l’exploitation est susceptible d’être bénéfique à un jeune ?

Voilà quelques pistes de réflexion, formulées en questionnement qu’il nous paru utiles de relever pour aborder ce thème.

On du moins dire enfin que, les traditions, quelles qu’elles soient, véhiculent des savoirs et pratiques dont la connaissance et la mise en pratique peuvent s’avérer utiles et bénéfiques pour  tous ceux qui en ont pris connaissance.

signature JLAM'

Read Full Post »