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Le peuple Ukî se trouve principalement dans les Département du Mbam et Kim (Arrondissements de Mbangassina, Ngoro, Ntui et Yoko) du Mbam et Inoubou (Arrondissements de Bafia et Bokito) de la Lékié (Arrondissement de SA’A), d’autres informations font état de groupes Ukî dans le Sud-ouest et ailleurs. Ukî parle le Tukî, une langue ancienne et à plusieurs variantes tels que : Tukombê, Tutsigngô, Tungôrô, Tungüidjô, Tufféya, Tumbêrê.

Cette langue tend à disparaître de nos jours, phagocytée par d’autres langues locales  faciles à parler, les difficultés de communication dues aux unions mixtes et à l’usage des langues coloniales souvent imposées, sans oublier les contraintes de la vie socioculturelle et professionnelle actuelle.

Or, l’élément fondamental dont la connaissance et la maîtrise sont inéluctables à la transmission et l’exploitation des traditions et cultures pour l’épanouissement socioculturel et professionnel de l’homme est linguistique[1]. En effet, la langue englobe un ensemble d’idiomes, vocables et phonèmes qui expriment la cosmogonie[2] d’un groupe d’individus, permettant de communiquer, éduquer, former, préserver et transmettre la quintessence des usages et pratiques dudit groupe dans le temps et l’espace.

Pour cela, la langue doit être explorée, pour en rechercher les mots qui seront collectés, enregistrés, formaliser autant que possible, cette dernière devrait aussi être dynamisée et promue par la création de mots nouveaux afin d’épouser l’évolution du monde et la publication de documents.

Pour s’arrimer à cette dernière exigence, on a par exemple, dans le cas de la langue Ukî, une certaine transposition linguistique qui a eu pour finalité d’adapter cette langue aux Technologies de l’Information et de  la Communication. C’est de la sorte que des équivalences on pu être trouvées pour désigner en Tukî le téléphone portable,  numéro de téléphone, réseau, ordinateur, moniteur, lecteur, on a ainsi :

  • Téléphone portable = aranda ya wissakî; flûte des causeries ;
  • Numéro de téléphone = mbanú râ mbérénô ; numéro d’appel ;
  • Réseau = pépéna râ mbérénô; Air d’appel;
  • Ordinateur = Itéka ; ordonnateur, Classeur ;
  • Moniteur = Ikōchï ; contrôleur, scrutateur
  • Lecteur = Ibana; Liseur.

[1] Lié aux moyens de communication et d’expression entre des personnes

[2] Vision et conception de la vie et de l’univers

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Calendrier Wakî


            Le calendrier  Wakî, (UTÊNÊ RÂ MBÉYA, avec Utênê = État, = de, Mbéya = Année) ressort l’année telle qu’elle était et est conçue par le peuple Ukî, suivant le temps qu’il faisait et les activités agricoles.

L’État de l’Année 2016, a été réalisé par la communauté, WISSÛMATÊ (Nous-mêmes). En effet,  tout ce qui est fait pour nous, commence par nous, ainsi avons-nous nous-mêmes réalisé ce calendrier pour nous-mêmes, une manière de dire que tout ce qui concerne nous en tant qu’humain, de bon comme de mauvais commence par nous-mêmes et fini par nous-mêmes.

Sur ce calendrier, il y a douze périodes (mois) de l’année indiquant le temps ou le type de travaux à réaliser, 07 jours de la semaine, des intervalles de temps diurnes et nocturnes, certains ustensiles et  leurs noms Ukî, enfin les jours de certaines fêtes religieuses ou officielles adaptés en langue Ukî.

  • Les douze périodes de l’année sont ;
Wǎh : Période de sécheresse Mabowâ : Période des grandes récoltes,
Uffïrô : Période d’étiage, avec disparition d’herbes Mbwangâ : Période de la gelée,
Wéssá : Début du désherbage pour les travaux de la nouvelle année, Môssô : Période des pluies moyennes,
Undjirï : Période de soudure, Mingô : Période des grandes pluies,
Manémà : Période des semailles, Yǎndú : Période des rivières rouges,
Ungômê : Période où le ciel est nuageux, Ndumukanê : Période du vent froid et sec (harmattan).

Les jours de la semaine ont été adoptés par la communauté en conformité au calendrier classique.

Par manque de montre, les intervalles de temps diurnes et nocturnes avaient et on des appellations selon les chants d’oiseaux, les cris des animaux et la position des étoiles au ciel.

Ce calendrier a été orné d‘ustensiles traditionnels pour les montrer à ceux qui ne le savent pas ou qui les auraient oubliés, ces derniers avec leur nom respectif. Pour finir, nous avons indiqué Tukî[1] les différentes fêtes officielles et religieuses stables et importantes. Ainsi avons-nous :

  • Ibînô= Fête,
  • Manônôr = Travail
  • Mbéya = Année, an,
  • Ngônó = Nouvel, Nouveau, tendre,
  • Ndjândjâ = Jeunesse,
  • Marrata = Action d’unir, réunir,
  • Ya, râ = Du, de,
  • Ichï = Jour,

Il revient ainsi à chacun de faire les combinaisons possibles concernant les fêtes officielles et /ou religieuses pour se rettouver.

Il ne nous reste plus qu’à  vous souhaiter « Wuchï wa Mbéya Ngônó 2016 »

[1] Langue parlée par Wakî (ossānaga)

Le Tukî (Nukî)


Comprendre le Tukî

Pour bien comprendre le Tukî, il faut être capable de cerner la structuration de cette langue qui exprime une cosmogonie toute particulière et différente des autres langues. Pour cela, nous allons étudier quelques procédures de formation de mots ou noms en Tukî qui démontrent la richesse de cette langue.

La suffixation :

En Tukî, les suffixes les plus utilisés sont « āna« , « ōnô« .

« āna » et « ōnô« : ces suffixes s’utilisent avec les verbes qui finissent respectivement par « a » ou « o« . Ils expriment la réciprocité de l’action, la continuité et/ou la réflexivité de celle-ci.

Exemple : āna

Aparâ na aparâ wa mà wassāna kassû : malhonnête et malhonnête s’étaient volés(cueillis) les noisettes.

A wassānamú mbassa : l’ajout du «  » donne un sens réflexif à l’action, qui se répète dans le temps. Ainsi aurons-nous : TANA A wassānamú mbassa (TANA se casse régulièrement le maïs).

A kutu wǎnobāna na assôtô : Il se débat avec la vie.

Winó Í mú wéndāna : les malades s’en sont allés, ici le sens c’est partir à leur propre initiative, fuir.

N.B : Le « w »  des verbes est muet ici comme le « h »  en français.

Exemple : ōnô

Ubôtô en Tukî signifie plaire, quand ubôtōnô c’est se plaire.

Wadjû wa bônōnômú manônōr : les enfants fuient les travaux d’eux-mêmes.

La nominalisation :

Nominalisation des verbes :

En Tukî, le nom se forme en ajoutant le suffixe « énô » au verbe et en faisant une élision de la dernière lettre du verbe et de la première qui marque l’infinitif.

Exemple :

Ubéya : être mauvais, en supprimant « u » et « a »  on obtient « béy » et en remplaçant « a » par « énô« , on a « béyénô » qui veut qualité de ce qui est mauvais ou laideur.

Ainsi :

Umua être amer donnera : muénô, amertume ;

Ubia, porter, donnera : biénô, port, manière de porter.

Utatá, crier, hurler donnera : taténô, cri, hurlement etc.

N.B :

  1. Pour le cas des verbes dont le « w » marque l’infinitif, on supprime la première lettre et la dernière pour les remplacer respectivement par « ngü » et « énô« :
  2. Les verbes dont le « w » marque l’infinitif peuvent garder la même orthographe en tant que nom.

Exemple :

Wénda, partir, donnera : ngüéndénô : départ.

On dira « ngüéndénô râ wô (rôr) » pour dire « ton départ » ou «wénda wôr».

        Wara, venir, donnera : ngüarénô : arrivée.

On dira « ngüarénô râ wô (rôr)  » pour dire « ton arrivée » ou «wara wôr».

Nominalisation des noms :

En Tukî, lorsque c’est un nom qui est transformé en nom, on procède à une préfixation du « wu » simplement quand ce nom commence par une consonne, si c’est par une voyelle, on fait d’abord l’élision de celle-ci avant d’ajouter le « wu« .

Exemple :

Yawû, aveugle ; donnera wuyawû, cécité.

Ndôkô, sourd ; donnera wundôkô, surdité.

Imukî, muet ; donnera wumukî, mutité.

Ndêndêngüê, différent ; donnera wundêndêngüê, différence.

Amōchï, un ; donnera wumōchï, unité.

Muka, seul ; donnera wumuka, solitude.

N.B :

Certains verbes,  peuvent se prêter aux deux types de nominalisation, à savoir une suffixation avec « énô« , après élision de la marque de l’infinitif et de la dernière voyelle

Exemple:

Unya, manger donnera, nyénô, manière de manger ou wunya=nourriture.

Exceptions :

Wāniô, boire donnera mbânüénô, boisson, beuverie,

Ubaria, veiller donnera mbaréya, veillée.

L’adverbalisation:

La culture Ukî a une particularité qui se manifeste par  sa langue; c’est que toute action ou état peut être à moitié, à l’essai, par amusement, ou simplement à une échelle moindre ou réduite, cet état de chose est exprimé verbalement pas le suffixe « étta« .

En Tukî, tout verbe peut être utilisé en même temps comme verbe et adverbe, c’est l’adverbalisation. Elle consiste à faire une élision de la dernière lettre du verbe et de la remplacer par le suffixe « étta » ou « üétta »  pour les verbes gardant le « g » après élision de la dernière lettre, exprimant un degré inférieur, minime de l’action ou l’état.

Exemple :

Unya, manger donnera unyétta, manger (petitement)  un peu,

A mú nyétta, makana ndjengüê I tà mú nó: il a mange petitement comme s’il n’avait pas faim.

Ubéya, être mauvais, laid donnera ubéyétta, être un peu (petitement) mauvais, laid.

Manônōr amà U mú énga mà béyéttamú : le travail que tu as fait est un peu mauvais.

Manônōr môr mà béyéttamú : ton travail est un peu mauvais.

        Wanga, être gros donnera wangüétta, être un peu gros

U má angüétta, tsônô I tà zu wô güéréména : Tu as un peu grossi, les vêtements ne te vont plus.

Unoba = battre, on aura unobétta = tapoter (battre un peut),

Nobétta muana umuss : tapote cet enfant.

Mu nobéttamú = Tapote le.

Uwuba = taper, on aura uwubétta = tapoter,

Wô wubétta mamú ubanga ? : on te tapote tu pleures ?

Le participe passé: en Tuki, le participe passé se forme en ajoutant le suffixe « ri » au radical du verbe et en faisant une élision de la marque de l’infinitif.

Exemple :

Udiomô (bénir); diomôri (béni),

Unoba (battre); nobari (battu)

Bien parler et comprendre le Tukî

Le Tukî au parler est de loin très différent du Tukî écrit, ou de celui que l’on peut s’imaginer, car même pour les natifs locuteurs du Tukî, il n’est pas toujours facile de faire la part des choses car le Tukî est une langue dans laquelle les mots subissent beaucoup d’élision  qu’on en vient à penser qu’ils ne sont qu’un.

En Tukî, Il existe deux types d’élision :

La première c’est lorsque une voyelle et la consonne « w » sont juxtaposées sur deux mots différents, la voyelle terminant le premier mot et « w » commençant le second.

Exemple :

Dans l’expression « magniá má wissú« , elle subira deux élisions lors d’un discours ; la première sera la suppression du « á » de «  » et  la seconde celle du « w » de « wissú » pour se dire « magniá m’issú« .

« A kutu wǎnobāna«  (il se débat) est au parler « A kut’ǎnobāna »

À suivre dans le document y afférent qui paraîtra.

Jeunesse et traditions


 «Jeunesse et traditions : intégration sociale, professionnelle et économique», fait partie d’un thème global intitulé : Jeunesse, identité culturelle et traditions pour la promotion d’un parcours fulgurant.

«Jeunesse et traditions : intégration sociale, professionnelle et économique» peut sembler anodin, sans importance, voire ennuyeux à première vue, parce qu’il pousse spontanément à se demander ce que les traditions ont à voir avec l’intégration socioprofessionnelle et économique d’un jeune dans sa société, cette question peut encore être accompagnée par une conception négative, une attitude de défiance et méfiance qu’ont certaines gens vis-à-vis des traditions qui, pour elles ne permettent pas toujours de vivre et de mener une vie épanouie, et dont le respect peut être interprété comme une continuation de l’autorité parentale. Je dirais sans ambages que, manifester une telle attitude est de toute évidence affirmer qu’un arbre peut aller haut et survivre sans que ses racines ne soient bien enfouies dans le sol.

Que sont les racines pour les jeunes et les hommes que nous sommes ? De toute évidence nos traditions.

Ce thème de prime à bord peut être tellement évident, que la première chose qui  vient en tête c’est qu’« un arbre ne peux pousser haut, fort et survivre longtemps, si ses racines ne sont pas enfouies profondément dans le sol, et que pour l’homme ces racines sont ses traditions bien sûr ».

Comment donc  le démontrer est le plus difficile, trouver comment les traditions peuvent influencer l’intégration socioprofessionnelle et économique des jeunes.

Il ressort de prime à bord deux termes qui retiennent particulièrement l’attention : tradition et intégration qu’il faut cerner selon notre compréhensions.

Passant outre les diverses définitions données à ces mots, on a pris comme option de leur affubler celle ressortant de nos expériences et apprentissages.

C’est ainsi que je conçois la tradition comme un ensemble de faits et pratiques au sein d’un groupe d’individus, transmis entre générations avec plus ou moins de modifications, et  nécessaire à sa cohésion et son évolution; tandis que l’intégration paraît comme le degré d’assimilation des faits et pratiques d’un groupe d’individus par une personne lui permettant d’y mener une vie harmonieuse plus ou moins réussie.

Ainsi donc, notre thème soulève-t-il la question des préalables usuels, traditionnellement propices à une insertion socioprofessionnelle et économique harmonieuse et épanouie dans un monde changeant constamment ; autrement dit, que regorgent nos traditions qui puissent favoriser une existence réussie et paisible de nos jours, y a-t-il dans nos traditions des éléments dont l’exploitation est susceptible d’être bénéfique à un jeune ?

Voilà quelques pistes de réflexion, formulées en questionnement qu’il nous paru utiles de relever pour aborder ce thème.

On du moins dire enfin que, les traditions, quelles qu’elles soient, véhiculent des savoirs et pratiques dont la connaissance et la mise en pratique peuvent s’avérer utiles et bénéfiques pour  tous ceux qui en ont pris connaissance.

signature JLAM'

Danses Bantoues


La danse est l’un des domaines principal où la tradition trouve son expression jusqu’à nos jours, elles sont une expression gestuelle et rythmée sur fond de musique et chants de la vie des hommes, de leurs rapports avec la nature, la vie et la mort. On trouve ainsi les danses ouvertes à tous le monde, les danses pour les ‘événements particuliers comme les naissances gémellaires, le décès des personnes âgées, les danses de mariage, et les danses initiatiques. En Afrique et plus particulièrement chez les bantous ou semi-bantous, les pas de danses diffèrent suivant les circonstances; on ainsi, en guise d’illustration, ce qui suit concernant certains peuples du Mbam et Inoubou au Cameroun:

Chez les Yambassa, on peut citer le Nibassia, l’Ongôlo, le Missing etc.

  • Le Nibassia est une danse exécutée lors des naissances gémellaires,
  • L’Ongôlo est une danse mystique exécutée par des matriarches, elle est exécutée principalement la nuit pour conjurer le mauvais sort.
  • Le Missing est une danse exécutée lors des évènements heureux.

Chez les Waki, on a entre autre  le Montongô, l’Ebassa, l’Issane, l’Andongô, le Madôkô, le Wikôkô, le Mankanâ. 

  • Le Montongô est une danse populaire exécutée lors de tout événement joyeux,
  • L’Ibassa  est une danse exécutée lors des naissances gémellaires,
  • L’Issane est une danse exécutée lors de la mort d’une personne âgée,
  • L’Andongô est une danse accompagnée de chants proverbiaux lors des cérémonies officielles, accueil d’étrangers, des esprits des ancêtres, ou quand on désigne une femme enceinte.
  • LeMadôkô est une danse exécutée avec plusieurs pas de danse.
  • L’
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Voici un document à télécharger pour avoir une idée des villages et quartiers du Mbam et Inoubou.

SITUATION DE LA CHEFFERIE TRADITIONNELLE

Mbanu na tuki(tutsi)


 

0 = buburu (kawanda)
1 = môchii
2 = Ibiî
3 = issa’at
4 = Ignii
5 = issaanu
6 = yatsatu (mwaratu)
7 = yatsatu na môchii
8 = mwuérèmaa (djamam)
9 = mwurèmaa na môchii
10 = yobôt
11 = yobot na môchii
12 =Yobot n’ibii
13 = yobot n’issa’at
…..
20 = mawu m’abâ
30 = mawu m’atat
40 = mawu m’aanè
50 = mawu m’ataanu
60 = mawu m’atsatu
70 = mawu m’atsatu na môchii
80 =mawu mwurèmaa
90 = mawu mwurèmaa na môchii
100 = itêtê

200 = mutêtê m’oubâ
300 = moutêtê m’outât
400 = moutêtê mwounè
500 = moutêtê moutaanou
600 = moutêtê mouatsatou
700 = moutêtê mouatsatou na môchi
800 = moutêtê mwourèmaa
900 = moutêtê mwourèmaa na môchii
1.000 = tôkô

2.000 = tôkô ibii
3.000 = tôkô issa’at
….
10.000 = tôkô yobot
100.000 = itêtê na tôkô
200.000 = moutêtê m’oubâ ma tôkô
1.000.000 = tôkô râ tôkô